7 œuvres suisses qui ont marqué l’Histoire de l’art
La Suisse est un véritable nid d’artistes et de plasticiens. Difficile de choisir quelles œuvres évoquer parmi le foisonnement de créations. Nécessairement arbi-traire, notre sélection se penche sur 7 œuvres d’artistes suisses qui ont marqué l’Histoire de l’art.

La tête dada, de Sophie Taeuber-Arp

L’homme qui marche, d’Alberto Giacometti

La créature Alien, de Hans Ruedi Giger
HR Giger est un artiste aux multiples facettes. Plasticien, sculpteur, designer, illustrateur et graphiste : tels sont les domaines dans lesquels le maître du fantastique excelle. Si sa création la plus connue est bien entendu Alien, qui lui fera obtenir un oscar en 1980 suite à la sortie du film éponyme l’année précédente, l’artiste développe un univers où se mêlent l’organique et la mécanique. Son livre phare, le Necronomicon (1977), est considéré comme un chef-d’œuvre en la matière. C’est d’ailleurs cet ouvrage qui conduira le britannique Ridley Scott, réalisateur de nombreux blockbusters cinématographiques, à travailler avec lui pour le premier opus de la série de films Alien. Le travail de HR Giger est rassemblé dans un musée qui porte son nom en 1998, dans la cité médiévale de Gruyères (canton de Fribourg). On peut y admirer un nombre impressionnant de créations, et terminer la visite en allant boire un verre dans le HR Giger Bar.

Les Meta-Matics, de Jean Tinguely
Né en 1925 et d’origine fribourgeoise, Jean Tinguely s’est intéressé très tôt à la relation entre l’art et la mécanique, avec pour projet de réaliser des œuvres animées. Peu avant ses 30 ans, il crée des objets en mouvement qu’il catégorise sous le nom de Méta mécaniques. Un moteur actionne l’objet qui effectue un mouvement spécifique. Ces premières réalisations le poussent à concevoir des sculptures réalisant par elles-mêmes des œuvres sur papier : les Meta-Matics. Les Meta-Matics sont des machines à dessiner, souvent composées de bois, de métal et de caoutchouc. Parmi les plus célèbres d’entre elles, on note la Meta-Matic n°14 (1959), qui s’illustre par son aspect portatif et le fait qu’elle doive être actionné manuellement. Elle est exposée au Musée Tinguely de Bâle, avec d’autres créations issues de l’univers mécanique de l’artiste.

« ta panta rei », la fresque onusienne d’Hans Erni
Ta Panda Rei. C’est le nom de la monumentale fresque créée par Hans Erni et inaugurée au Palais des Nations en 2009, à Genève. Réalisée en un an, cette œuvre en céramique entend promouvoir la paix entre les peuples et les nations. Elle traduit l’incroyable travail que l’artiste a réalisé durant des décennies, œuvrant pour la paix et unanimement reconnu comme tel, comme en témoigne sa médaille de la paix reçue en 1983. Si Hans Erni est surtout connu pour ses fresques, il a aussi créé des sculptures et des gravures. Ouvert dans sa ville natale de Lucerne en 1979, le Musée Hans Erni expose près de 300 œuvres de l’artiste et retrace l’évolution de son travail sur quelque sept décennies ! Mort en 2015 à l’âge de 106 ans, Hans Erni est sans conteste l’un des artistes les plus connus et appréciés en Suisse.

Cloisonné de Théâtre, d’Aloïse Corbaz
Que nous dit l’Art Brut ? Né sous la plume du peintre français Jean Dubuffet en 1945, le terme « Art Brut » regroupe un ensemble de créations produites par des artistes dépourvus de culture, créant des œuvres spontanées sans ambition culturelle ou intellectuelle. Lorsque Jean Dubuffet rencontre la lausannoise Aloïse Corbaz, en 1947, il s’intéresse à son travail et fait entrer ses œuvres dans une collection consacrée à cet art, aujourd’hui regroupées dans la Collection de l’art brut (musée de Lausanne). Cloisonné de théâtre (1951) est l’œuvre la plus stupéfiante d’Aloïse Corbaz. Il s’agit d’un dessin réalisé sur un immense rouleau de papier de 14 mètres de long, composé de plusieurs feuilles cousues entre elles. Crayons de couleurs, craies et frottements de fleurs sur le papier constitue la technique mixte utilisée par l’artiste pour créer cette œuvre monumentale !
La légende de Saint Adolf, d’Adolf Wölfli
Imaginez seulement : 25'000 pages biographiques, 1'300 dessins et quelque 44 cahiers remplis d’une écriture calligraphiée mêlant différents styles, créant des barbarismes, jouant sur des redondances de lettres et exploitant des onomatopées ! Telle est la production invraisemblable d’Adolf Wölfli, artiste bernois né en 1864 est considéré, lui aussi, comme un monument de l’Art Brut. Cette incroyable quantité de matière, accumulée pendant 30 ans, constitue une collection des plus significatives de ce mouvement d’après-guerre. L’essentiel de son travail est conservé au musée des Beaux-Arts de Berne, ainsi qu’à la Collection de l’art brut de Lausanne et au musée LaM de Villeneuve d’Ascq (France).
